La fraude publicitaire (ad fraud) regroupe l'ensemble des techniques malveillantes utilisées pour créer de fausses métriques publicitaires et facturer des annonceurs pour des performances inexistantes. Elle prend plusieurs formes : les botnets simulant des visites et des clics, le domain spoofing (des sites frauduleux se font passer pour des éditeurs premium), le pixel stuffing (des publicités invisibles de 1×1 pixel générant des impressions non vues), et le click farming (des fermes de clics humains générant une activité frauduleuse à faible coût). L'ANA (Association of National Advertisers) estimait les pertes mondiales à plus de 80 milliards de dollars annuels.
L'impact sur les annonceurs est direct : budgets gaspillés, données de performance biaisées, décisions d'optimisation fondées sur des signaux frauduleux. Les campagnes programmatiques en open auction sur des inventaires non vérifiés sont les plus exposées. Les secteurs finance, assurance et e-commerce figurent parmi les plus ciblés en raison de leurs CPC élevés. Le trafic invalide (IVT) se décompose en GIVT (General Invalid Traffic, facilement détectable) et SIVT (Sophisticated IVT, beaucoup plus difficile à identifier).
Les protections disponibles incluent : la certification ads.txt/app-ads.txt (liste des vendeurs d'inventaire autorisés par l'éditeur), les solutions de vérification tierce (DoubleVerify, IAS, MOAT), le recours à des deal privés avec des éditeurs vérifiés plutôt qu'à l'open auction, et le monitoring régulier des metrics de qualité (viewability, invalid traffic rate). Pour un directeur marketing, intégrer un budget de brand safety et de mesure anti-fraude dans les plans média est désormais une pratique standard.