Le Growth Hacking est une discipline née dans l'écosystème des startups, popularisée par Sean Ellis en 2010. Elle repose sur une culture d'expérimentation intensive : tester rapidement des hypothèses sur l'ensemble du funnel (acquisition, activation, rétention, revenus, recommandation), mesurer précisément les résultats, et scaler ce qui fonctionne. L'objectif n'est pas de trouver la stratégie parfaite mais d'itérer vite pour identifier les leviers de croissance non conventionnels.
Les techniques associées au Growth Hacking couvrent un spectre large : boucles virales intégrées au produit (comme le "Envoyé depuis iPhone" d'Apple ou le parrainage Dropbox), optimisation des emails transactionnels, A/B testing systématique des pages d'onboarding, scraping éthique pour la prospection, ou exploitation d'API de plateformes avant leur saturation. Ce qui distingue le growth hacker du marketeur traditionnel est son ancrage dans les données et sa capacité à travailler en interface avec les équipes produit et technique.
Pour un CMO, le Growth Hacking ne remplace pas une stratégie marketing structurée mais la complète. Il est particulièrement pertinent dans les phases d'accélération ou lors du lancement d'un nouveau segment. L'enjeu est d'institutionnaliser la culture expérimentale : cadence de tests hebdomadaires, backlog d'hypothèses priorisées par impact/effort, et processus documenté pour transformer les "hacks" validés en programmes pérennes.