L'Interruption Marketing désigne toutes les formes de communication commerciale qui interrompent le flux d'activité de leur cible sans que celle-ci en ait fait la demande : publicité télévisée entre deux émissions, bannière display intrusive, appels téléphoniques de prospection à froid, emails non sollicités, ou pop-ups web. Ce modèle, dominant dans le marketing du XXe siècle, repose sur la répétition et le volume d'exposition pour forcer la mémorisation.
L'efficacité de l'Interruption Marketing s'érode structurellement avec la montée des comportements d'évitement : adblockers (utilisés par 40 % des internautes français), zapping publicitaire, filtres anti-spam, désinscription des listes email. Les nouvelles générations de consommateurs sont particulièrement réfractaires à ce modèle et perçoivent les marques qui le pratiquent de manière agressive comme intrusives, ce qui peut nuire à leur image.
Seth Godin a théorisé l'opposition entre Interruption Marketing et Permission Marketing : ce dernier repose sur l'accord préalable de la cible pour recevoir des communications. Pour un CMO, l'enjeu est de trouver le bon équilibre : l'interruption reste parfois nécessaire pour toucher de nouvelles audiences, mais elle doit être minimale, pertinente et bien ciblée. La tendance de fond est à l'inbound marketing et au content marketing, qui attirent les prospects en créant de la valeur plutôt qu'en interrompant.